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Histoire d'une fin annoncée
Mar 16 Mar - 17:56 par JustMax
Beaucoup s'en doutent depuis un bon moment.
D'autres se le cachaient pour y croire encore.

On a tenté plusieurs manoeuvre de réanimation?
Massage cardiaque, insufflation, et autre tripotage peu courtois.

Rien n'y a fait.

On s'est fait beaucoup de mal ces derniers temps.
Beaucoup de mal a s'acharner.

Le concept de Munuroe avait un potentiel, mais nous, avions nous vraiment la compétence pour …

Commentaires: 0
La chronique du Dr CPJ - C'estPasJust, chronique informative et politiquement incorrect.
Mar 8 Déc - 21:18 par Dr CPJ
Je repensais à ce que quelqu'un nous a dit en claquant la porte. D'ailleurs, un écho s'est glissé par la fenêtre après son départ en haussant les épaules et en dandinant du cul : Nous sommes fragiles et vacillants comme la flamme d'une bougie, trop instables pour qu'on y consacre son énergie créatrice.
C'est difficile de répondre à un écho. ça vient de loin, c'est aussi franc qu'un âne qui …

Commentaires: 3
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 Une épine au coeur

Message Auteur
MessageSujet: Une épine au coeur   Jeu 21 Aoû - 17:26


Je suis entré dans la taverne sans savoir, sans la voir.
J’ai fait un tour d’horizon pourtant, juste pour voir si j’y resterais, si je finirais la nuit accroché au comptoir, ivre, saoul, ou si ma soirée se terminerait plus tôt que prévu.
Et je ne l’ai pas vu.
J’ai demandé une bouteille de vin et un verre, j’ai jeté sous le nez du tavernier quelques biftons et je me suis installé à cette petite table, au fond, juste là, dans ce recoin ombré.
J’ai rempli mon verre, je l’ai vidé cul-sec et j’ai recommencé.

Je ne sais pas si c’est l’effet de l’alcool qui ouvre certains appétits ou si tout simplement elle était plus belle que les autres, mais quand je l’ai vu au travers de la brume de tabac, mon cœur à fait zing bow.
Elle était réfugiait derrière une lampe à pétrole dont la flamme rendait l’atmosphère si épaisse que j’avais du mal à distinguer son regard. Mais quand par moment la porte s’ouvrait, pour se refermer aussitôt sur un soiffard, laissant flotter un souffle frais dans la taverne, alors la brume se démêlait et je pouvais voir son regard étinceler, si fort, que j’imprimais sur le mien ses couleurs et ses braises. Mon cœur s’emballait, passant de la palpitation aux extrasystoles, et j’en perdais le souffle rivé à mon verre de vin.

Le reste de la soirée, je l’ai passé à chercher ce souffle dans l’air qui me rendrait son regard, ce regard auquel je voulais me pendre, sans relâche, sans cesse voulant le rejoindre pour m’y accrocher et j’ai détesté ces marins ivres qui tenaient le comptoir comme on tient la barre, sans jamais arrêter de boire, et que rien ne semblait vouloir rappeler ailleurs, chez eux, sur leur bateau ou dans le lit d’une femme. Je maudissais cette porte de ne pas s’ouvrir plus souvent, cette taverne qui manquait d’air.

A bout de souffle, je vidais un dernier verre sans avoir pris son regard.


Arlequin

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MessageSujet: Re: Une épine au coeur   Jeu 21 Aoû - 21:46

C'était un soir comme tant d'autres dans cette ville maudite, pourrie par la corruption, l'alcool et la vie. Une atmosphère de grisaille et de haine... Toujours plus loin, toujours plus haut dans ses rêves elle en avait parcouru des pas, des paysages tous plus exotiques les uns que les autres, pour se retrouver ici, dans les remugles de vapeurs marines, algues déssechées, poissons éventés...

Des chansons de marins, entonnées par des voix d'hommes, un accent guttural de gorges abîmées par le vent des mers... Quelques notes paillardes de mâles en manque de femmes, tenus trop longtemps hors de leurs rivages, espérant une nuit d'oubli entre les bras de la première catin rencontrée sur les quais.

Qu'un seul ose l'approcher, qu'un seul ose la reluquer et il taterait de ses flammes, oh oui, elle lui mettrait le feu comme jamais il n'en n'aurait connu et finirait consummé... Au sens propre.

La porte s'ouvrait et se refermait, telle le roulis d'un navire sur le flot déchainé de vagues rutilantes...

Debout devant la taverne, Sylvhana attendait. Attendait quoi ? Le bon moment. Elle le saurait quand il arriverait... Et lorsqu'un pan de nuage voila l'astre lunaire, la porte s'ouvrit à nouveau, dégageant un espace de lumière promettant richesses et chaleur. Elle inspira longuement, ses doutes envolés, dérobés par la brise marine qui soufflait doucement vers la terre. Elle entra, donc.

La tranquillité, l'intimité. Qui s'attendrait à les rouver dans un bouge de marins puant ? Et pourtant ce lieu lui donna tout ce qu'elle voulut, et ce sur le champ. Son corps réclamait un moment de détente, elle était trop prise par ces... choses qui lui traversaient l'esprit, ces gouttes de pensée importunes et rageuses... Choisissant une tablée dans un coin d'ombre, elle s'installa sur la banquette, dos au mur. La porte sur sa droite, continuant parfois son mouvement de va et vient lui soufflait parfois de l'air frais.

Le coeur allégé par l'ambiance particulière des marins chantait, lui aussi. Elle soupira alors, s'adossant plus profondément dans ce cuir rapiécé, faisant un tour de table de son regadr d'ambre. Une lampe à pétrole lui donnait à peine assez de lumière, dégageant plus de fumée qu'autre chose, abaissant un voile immatériel sur la scène. Ses cheveux longs prenaient peu à peu les parfums de la mer, le sel piquait sa langue, sa gorge, et ce fut à cet instant précis qu'elle le vit. Elle songea alors à la présence du dieu Odieu en d'autres lieu. Peut être avait-elle été touchée par la grâce car sinon, comment aurait-elle pu remarquer qui que ce soit d'autre que les flammes qui hantaient son esprit ? Il était de ces hommes irréels, effleurés par les dieux, tant il ne semblait pas à sa place.

La porte s'ouvrait et se refermait, telle le roulis d'un navire sur le flot déchainé de vagues rutilantes...

Elle gardait les yeux rivés sur lui, les déviant lorsque le souffle d'air frais lui annonçait la fin de sa cachette enfummée. Elle commanda une chope. Pour ôter de sa tête les frémissements qui lui inspiraient la vue de cet humain. Une main pour repousser ses cheveux auburn en arrière, un port de tête fier et arrogant, elle se laisserait peut être approcher ce soir... Peut être.
Sylvhana

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MessageSujet: Re: Une épine au coeur   Ven 22 Aoû - 16:56

Elle me rappelle quelqu’un, une personne que j’ai connue et qui revient gratter au coin du volet, certain soir où la nuit trop lourde écrase la lune entre ses doigts.
Sa façon de regarder ailleurs sans jamais quitter des yeux, toujours prête à rugir, griffer ou s’enfuir, pour un oui, pour un non. Comme l’oiseau de proie rencontre son prédateur, elle a du croiser le sien il y a longtemps déjà, son regard ne triche pas, tout comme celui que je reconnais en elle, ce petit garçon effronté qui clignait de l’œil pour mieux cacher son effroi.

Je me souviens de lui, son regard éperdu, sa tendresse pour celui qui tombe sans pouvoir se relever, son admiration pour celui qui lance le poing avant de prendre le coup, son dégoût quand il ravalait sa salive acidulée du sang, le sien.
Le sang de l’injuste qui se mélange à la salive et coule dans la gorge, laissant ce goût incomparable, ce goût qu’on n’oublie pas parce qu’il laisse une cicatrice sur la langue, une trace sur le palais, un reflex sur la luette, un bien mauvais goût qui donnera le hoquet ou cette envie de vomir, quand le souvenir se rappellera.
L’injustice qu’il ne comprend pas, qui lui échappe, qui le frappe.

Il a mal, dans sa chair un peu, mais dans son esprit.. les oiseaux de proie ont rompu leur grève et ils se déchaînent, s’abattent pour mordre sans relâche, frapper, griffer, enfoncer leurs ongles acérés dans ses chairs, dans sa peau si fragile feutre d’enfant qui ne colore plus les cahiers à dessins, et ça fait mal dans sa tête de petit enfant, ça fait si mal qu’il en pleurerait s’il ne voulait pas gagner sur ses bourreaux, alors il ne pleure pas et redresse les épaules, même si ça fait mal dans sa tête, il relèvera aussi le menton et dressera le regard, défiera, et tant pis pour les coups.

Le temps, paraît-il, efface les cicatrices. Celui qui a dit ça, n’a jamais eu aucune esquisse sur sa peau, il joue simplement avec l’idée qu’il se fait de ce qui ne lui appartient pas.

J’ai vidé mon verre et le sale goût avec, qui traînait sur ma langue, et je me suis levé.
J’ai refermé la bouteille avec son bouchon de liège. Ça ira pour ce soir, le vin n’a pas le goût de cette fête.
J’ai marché jusqu’à sa table, j’ai parcheminé au travers de la taverne embrumée, sans rien voir d’autre qu’elle et son regard qui semblait m’appeler.
Devant elle, j’ai tendu la main, simplement, sans tricher, et j’ai attendu la sienne.


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MessageSujet: Re: Une épine au coeur   Ven 22 Aoû - 17:36

Cette brume impalpable qui trônaît dans la salle semblait se moquer d'elle, comme ce brouillard qui abrutissait son esprit lorsque que la force du souvenir était trop brutale. Elle ne laissait pourtant rien échapper, épiant les coins et les recoins, prête à tuer, prête à détaler si besoin. La porte de sortie était proche, personne ne bloquait le chemin... Stop. Il fallait cesser. A quoi bon venir ici, dans un lieu reculé, si c'était pour se méfier de son ombre ?

Sa commande arriva.

Une vodka frappée dans laquelle nageaient quelques glaçons, icebergs qu'elle fit entrer dans une valse rapide, tenant entre ses doigts gourds la chopine d'émail. Elle ne but qu'une petite gorgée, pour se laver du goût amer qui emplissait sa gorge. Elle aurait voulu le tuer, lui, elle aurait voulu être devant ce monstre et lui cramer ce qui régissait ses actes, elle aurait voulu écraser sur sa face une pioche encore et encore, elle aurait voulu le voir se tortiller de douleur à ses pieds et elle, s'acroupissant, lui aurait craché au visage. Mais comme la mauvaise herbe revient toujours, il était encore vivant. Lui et sa sale odeur dont elle ne se souvenait que trop bien. Il était loin par la distance mais bien trop proche en elle? Ce dégoût. Elle voudrait revenir en arrière et se défendre, elle voudrait revenir en arrière et le frapper. Elle voudrait ôter cette peur, cette honte, elle voudrait se débarrasser de ses cauchemars qui revenaient sans cesse la hanter sous bien des formes... Un récurrent... Elle était agressée, toujours de la même façon et elle, paralysée par la peur, était figée et ne pouvait se défendre. Toujours le même mal qui prenait bien des visages, mais sa réaction à elle était toujours la même, clouée sur place à l'image du gibier trabspercé par les phares des véhicules.

Elle but une autre gorgée. Sa gorge se serra. Ce que c'était fort. Son palais s'insensibilisa peu à peu.

Elle refusait de ressentir ce qui l'envahissait peu à peu, elle refusait de laisser la honte la gagner à nouveau. Plus jamais elle ne se soumettrait à aucun homme. Et pourtant c'était arrivé d'être contrainte, de bien des façons, deux fois encore. Elle avait un grand cri en elle, cri qu'elle ne savait, qu'elle ne pouvait pousser. Ses mains frémirent, ses lèvres se raidirent, ses yeux la piquèrent. Elle s'admonesta à la maîtrise de soi. Ceux là méritaient-ils ses larmes ? Méritaient-ils qu'on s'y attarde ? Et pourquoi ne pouvait-elle effacer de son âme ces foutus souvenirs qui la hantaient toujours, la nuit, le jour ? Ils avaient beau jeu de dire... De dire certaines choses. Cela lui rappellait une chanson aux paroles particulièrement proches de ce qu'elle ressentait...

"A ce silence, j'aurais préféré la violence
Des cris, des pleurs, aux moindres douleurs
Ton indifférence
M'est la pire des souffrances..."

Parce que toi, entre tous, aurais dû me soutenir ! Parce que toi, sur ce coup là, as complètement manqué de discernement ! Pourquoi le défendre ? Pourquoi minimiser l'affaire ? Pourquoi vouloir à tout prix éviter le "scandale" ! Pourquoi continuer à l'aimer après ce qu'il m'a fait ? Après ce qu'il NOUS a fait ! Merde ! Putain ! Tu me soules, j'en ai marre, je ne te pardonnerai jamais ce manquement ! Je t'aime et te respecte, tu as toujours été là mais dans cette affaire j'avais besoin de ma mère ! Celle qui me protégeait, me soulageait, me consolait ! Je peux en parler aux autres, je peux leur dire, leur raconter... Même si tu n'aimes pas ça je le fais car j'ai beosin de me confier, de raconter. D'exorciser. Mais rien ne remplacera ce qui aurait pu être ta réaction à toi. J'ignorerai ta douleur lorsqu'il crèvera enfin. Désolée. Peut être pleurerai-je dans mon coin de te voir malheureuse. Mais je ne te le montrerai jamais car tu n'as toi même jamais fait preuve de compassion à mon égard pour cette chose abominable que j'ai subie et que je considère de la même façon que les autres types d'agression. Bien que ne pouvant pas comparer, je l'ai en effet vécue et subie comme telles.

Il était encore là, au comptoir, puis il reposa sa bouteille. Peut être en avit-il eu assez ?

Elle avait envie de pleurer mais se retint, alors elle sentit les flammes la gagner, menacer de se répandre dans cette fragile construction de bois qui ne ferait pas long feu si elle déchainait ici même sa colère. Pourtant un autre feu l'emplissait, alors même que son regard capta celui de l'humain qu'elle observait depuis quelques minutes, déjà. Son coeur papillota comme les ailes d'un oiseau devenu fou. Qu'était-ce ? Stop. On se calme. On se calme.

Et ces échos du déplaisir cognant encore et toujours aux portes de sa tête. Elle avait envie de se re croqueviller quelque part, le désir d'être oubliée du monde et de mourir seule dans son coin. Envie de cacher son visage et de fermer les yeux car le regard est le miroir de l'âme. Envie d'arrêter d'être odieuse avec ses proches car, ils étaient comme un sorte d'exutoire... Puisqu'elle ne pouvait les atteindre, eux, c'est auprès des autres qu'elle se répandait en invectives et en froideur. Elle se confiait, en parlait, puis se rétractait, tiraillée entre le besoin de parler et le regret d'avoir tout dit. D'un autre côté, quel mal pouvait-on lui faire avec ces mots offerts ? Rien. Elle s'infligeait à elle même bien plus de choses, étant sans pitié.

Il avança vers elle, bravant le roulis de la taverne, émergeant de la brume, tel un chevalier fantôme, ses yeux rivés aux siens. Elle ne pouvait en détacher le regard, il l'avait ensorcellée. La bouche sèche, elle repoussa machinalement sa vodka, tendue, prête à... Prête à quoi ? Il était beau à ses yeux, plus rien d'autre n'existait autour, elle respira plus longuement, et pourtant manquant s'étouffer, oppressée. Il tendit sa main, sans un mot, son visage parlant de lui même. Elle hésita quand même, ne sachant quoi faire, le feu qui la consummait était d'un autre genre, ses flammes destructrices s'étaient tues en un murmure à peine perceptible. Elle glissa les doigts entre les siens et se leva. Puis, chose qu'elle n'avait jamais faite, elle l'entraîna vers la porte et ils sortir dans l'air frais du soir, la lune comme seul témoin.

Ses doigts enlacés à ceux de celui qui avait su la toucher, sans rien faire pourtant, Sylvhana marcha jusqu'à la grève où les vagues venaient se briser encore et encore.
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MessageSujet: Re: Une épine au coeur   Sam 23 Aoû - 17:22


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Ses doigts fins se glissent entre mes phalanges, ma main se referme sur la sienne et l’instant d’après nous sommes dehors, devant la taverne, et puis plus loin, vers la mer qui fait son spectacle sous les projecteurs d’une lune impudique.
Le chat noir se blotti dans un coin pour guetter son moment, celui qu’il choisira pour entrer en scène et semer son malheur, puasse tenace, il se repaîtra du malheur des autres, frottant ses moustaches sur les mollets, arborant son dos rond avant de griffer.

La valse des vagues qui se jettent sur les rochers, les feus de la lune qui allume celui de son regard, ses yeux que je n’ai pas encore osé regarder, et le ressac qui emporte les illusions, la nuit, ce soir, est ainsi faite. Elle est vague comme la mer s’emporte et se débat sur la roche qu’elle rejoint et fuit sans arrêt, inlassablement, comme un jeu de taquins.
Je me retourne vers elle, tournant le dos au spectacle d’une mer qui m’énerve à revenir se briser alors que la roche fend ses lames et abandonnent ses larmes qui perlent sur elle et qui luisent au reflet de lune.

Dans mon dos, la mer brise ses rêves et moi je lis les siens dans son regard, j’y vois les déchus, les rêves inachevés, les rêves d’ailleurs qu’elle tente d’atteindre, ces rêves que j’aurais pu partager, ces rêves qu’un vent de mauvais augure a détourné, acheminant la désillusion pour en déverser les peines et les haines, les pleures de n’avoir pas su lui dire, de ne pas avoir trouver les mots, ces foutus mots qui brûlent la langue et arrachent les papilles, par pudeur où la peur prend son essence, parce qu’on a appris à avoir peur, parce que le silence s’est imposé, parce que les complices ont semer le chaos dans les mots et les bouches où ils s’emmêlent, et se mêlent de ce qui ne les regarde pas !

Quand on a que la peur.. levons nos bras au ciel et saluons nos maîtres, ceux qui guident nos pensées, ceux qui nous ont imposé de nous taire, ceux qui disent « c’est mieux comme ça » et se flattent d’avoir cru dans cette raison d’avoir raison, ces maîtres qui nous ont fait plus de mal que les bourreaux, complices croyant toujours bien faire pour les apparences ou la tranquillité de leur petite vie bien rangée, comme cette petite boite inutile qu’on pose sur une étagère et dans laquelle on rangera des petits objets encore plus inutiles et à coté, madame, on rangera d’autres objets, d’autres babioles sans le moindre intérêt sans la moindre valeur que celles que la médiocrité leur accordera !
Je voudrais briser l’étagère des objets bien rangés et inutiles, je voudrais fracasser ces saletés que les complices entassent années après années et qui ont plus de valeur à leurs yeux que la prunelle de leurs yeux, que leurs enfants qu’ils ont mis au monde et qu’ils ont oublié dans un coin d’une étagère !

Mes yeux pleurent des larmes de colère, le chat noir a frotté ses moustaches sur mes mollets. Machinalement, je balance un coup de pied dans le vide, comme si le chat existait.
Et puis, je pose mon regard près du sien, le visage enfoui sur son épaule au milieu d’une chevelure que le vent des marées a rendu sauvage.
Elle sent bon, un parfum aux mille couleurs du lointain, du pays de Lewis Carrol, petite baby doll au regard perdu.


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MessageSujet: Re: Une épine au coeur   Dim 24 Aoû - 0:30

Musique

Il s'est laissé entraîné à sa suite, docile pour un temps, celui de la connaître, de l'effleurer puis de la briser sans doute. Tant pis. Un de plus ou un de moins, qu'est ce que cela changera ? Elle se découvre toute autre, elle se découvre avide d'amour... Pas l'acte, non, mais le sentiment, celui qui fait que l'on s'offre entièrement à l'autre, sans retenue, et ce dès que l'on est sûr. Peu importe ce qu'il y aura en face, peut importe le jugement. On sera soi même en accord avec sa conscience. Ils auront beau jeu de la juger, de l'affubler de noms d'oiseaux tous plus vils les uns que les autres. Elle a ce côté naïf, infantile, reste de l'adolescence qu'elle a mal vécu, ce fut l'enfer.

Des vexations, de la violence, et un chef d'établissement qui la protégeait sous prétexte que c'était un "cas social". Et maintenant que j'y repense... Qu'est ce que ça peut me foutre que ce soit un cas social ? Réagis bon sang, pantin factice, silhouette fantoche, au lieu de te pavaner dans ton costume vert sapin. Je te méprise, l'homme, tu ne vaux rien. Et moi qui me dévalorisais sous les quolibets. J'aurais voulu être comme elles, celles qui faisaient peur meê aux garçons, à boire, fumer et parler de façon vulgaire aussi naturellement que je me racontais des histoires pour échapper mentalement à toute cette violence. Mais non, je n'étais pas acceptée.

Il pleure... La lumière de la lune effleurant l'élixir salé de tous les mots en fait une rivière de diamants, gemmes magnifiques aux reflets iridescents, au goût salé de la mer derrière lui, qui s'est tourné vers moi. Et pour qui ou pour quoi pleure-t-il ce bel homme blessé ?

Mes larmes... Mes larmes... Toi, et toi, vous les avez tous deux méprisées, salies ! Savez vous que, si j'avais eu le choix, je n'aurais jamais pleuré ? J'aurais voulu vous daigner ce plaisir ! Et les migraines qui suivaient, la fatigue qui me terrassait... Toi, j'avais cru en toi, je t'avais dit "oui". Pauvre de moi, me remettre avec un homme violent qui, s'il ne me frappait plus, trouvait d'autres douleurs à m'infliger. Combien de fois m'as tu trompée ? Toi qui m'aimais au début, du moins semble-t-il, pour ensuite me rejeter, ne plus me regarder. C'était comme vivre en colocation, les inconvénients en exclu. Va te faire foutre. Tu était peut être plus âgé que moi de quelques années, ducon, mais au niveau de la maturité je te battais, et je te bast toujours, je suis prête à le parier. Je t'ai haï... Non, je crois que je te hais encore car, loin de t'oublier, je voudrais sincèrement que tu souffres aussi intimement que tu m'as fait du mal... Je me voilais la face, je te cherchais des excuses, je te défendais quand tout le monde me disait "regarde, ce n'est pas normal, on ne traite pas la femme qu'on aime de cette façon". Et moi je faisais rempart.

Et je pleurais.

Tu m'as volée, tu m'as trompée dans tous les sens du terme. Tu m'as fait passer pour une mégère, tyrannique, est ce que j'ai reproduit ce qu'ont vécu ma mère et cet étranger qui n'était mon père que par la biologie ? Probablement, étrange tout de même, alors que je n'aspirais qu'à vivre tranquillement avec le prince de mes rêves. Encore une réaction d'adolescente alors que je suis adulte. Tu n'as pas hésité à pleurer dans les jupes de ton avocate pour réclamer quoi... Des papiers ? Eh oui, au téléphone j'avais exigé des explications... Tu n'as pas voulu me répondre alors je t'ai envoyé paître... Et tu l'as fait intervenir... Seulement... Je n'étais plus cette chose craintive qui blêmissais sous ton joug, j'ai fait l'idiote... J'ai prétendu avoir cherché sans succès, malgré toute ma bonne volonté... Crois tu qu'ils auraient fait une fouille au domicile ? Pauvre con. Bouge ton cul jusqu'à l'administration. Tu as assez de voitures pour faire ça.

Et je pleurais sur mes regrets, sur ce gâchis, sur cette erreur que j'avais faite et que je ne me pardonnais pas.


Et Sylvhana se laissait emporter par le flot des réminiscences. Tandis que l'homme du soir se déhanchait en lançant sa jambe sur le côté. Peut être avait-il une crampe. Sourire froid. Elle n'y croit pas. Pas ce soir où rien n'est à sa place.

Il y a tant de choses que je voudrais te dire, que dis-je, te hurler. Mais même si l'occasion s'en présentait je ne le ferais pas car je tiendrais trop à ma fierté. Passer pour une hystérique ? Non merci. Je resterai digne, droite et impassible. Mon visage ne laissera rien passer et si je te parle ce sera avec mon ironie habituelle, tant tu me donnes envie de rire. Tu es ridicule une fois que l'on te connaît, toi au visage d'ange. Personne ne soupçonnerait tant de noirceur derrière ce physique parfait, ce visage magnifique aux traits fins. Et moi qui me croyais comblée lorsque tu as posé les yeux sur moi. Ce soir là, pour la première rencontre, la porte de l'immeuble me résistait. Je ne crois en rien. Mais j'aurais dû y voir un avertissement et retourner là haut, dans mon intimité tranquille.

Vais-je réussir à crier ? Non. Je me répète... J'ai un grand cri à l'intérieur de moi et ne parvient pas à sortir un son alors que je hurle à plein poumons. Alors à quoi bon hurler si nul n'entend ?

Je te hais tu me dégoutes, sale engeance tu aurais dû crever au combat. Pourquoi a-t-il fallu que tu existes ? Pourquoi a-t-il fallu que je tombe entre tes sales mains de pervers ? Je te hais !!! Je te déteste, tu répugnes, tu me donnes envie de vomir. Lorsque je sabotais tes draps pour te déranger, y voyais tu un hommage dans ta cervelle de fêlé ? Peut être aurais je dû songer à te blesser avec une arme n'importe laquelle. Mais je n'avais pas cet eprit là. Sais tu que, pedant plusieurs années, la simple toilette me dégoutait ? Je le faisais pour être propre mais je détestais toucher cet endroit. Comment peut on en venir à abhorrer une simple douche ? Comment peut on en arriver au point où il faut se forcer, car il le faut bien ? Tu ignores à quel point je voudrais te faire du mal, ma soeur à mes côtés. Tu ignores quelles pensées me passent par la tête et si d'aucuns me voyaient, moi la fille à l'allure romantique, ils prendraient peur et s'enfuiraient en hurlant.

Mon visage n'est qu'un masque glacé, mes traits sont figés, ma machoire raidie. Mon regard se fait liquide, transparent.

Il faut que je me calme.

Est-il normal de repousser celui qui nous aime sincèrement, parce qu'à ce moment là les souvenirs seront trop présents ? Est-ce normal, dis le moi, sale con ??? Va crever. Je te souhaite une maladie bien déguelasse et surtout bien localisée si tu vois ce que je veux dire. Tu as fait le mal par là, tu crèveras, je l'espère, à cause de ça. Tu ne peux mesurer la profondeur de ma haine à ton encontre, non je ne peux rester indifférente face au monstre que tu es. Je tremble de peur mais de rage aussi. Ton odeur me soulève le coeur et tu me révulses, sale bâtard. Va crever.


Il avait posé la tête sur son épaule, le visage perdu dans sa chevelure à elle, battue par le vent. Elle voulait être aimée. Par pour une nuit mais pour la vie. Seulement elle n'était plus une petite fille et, si elle désirait ardemment vivre un conte de fées, elle n'y croyait pas. Plus. Elle respirait, mesurant la portée de son corps, espérant que son coeur battant la chamade n'alerterait pas son compagnon de l'instant. Dit comme ça on aurait pu penser qu'elle était fille facile enchainant les aventures. Que nenni, seulement elle ne savait comment y songer autrement. Elle caressa ses cheveux, laissant ses doigts jouer avec les mèches volant dans la brise.

Elle ferma les yeux.

Il était si facile d'en imaginer un autre, l'idéal de ses rêves, celui qui n'existait pas et pour lequel elle aurait voulu mourir. Plutôt tout arrêter que continuer ainsi. Un semblant de vie, faire semblant pour ne pas alerter les proches, puis lécher ses blessures dans un trou, loin des regards.

Elle l'enlaça et l'attira plus près à elle, si cela était encore possible. Elle voulait sentir sa chaleur pour s'y perdre, s'y noyer.Oui, s'il avait sorti à cet instant une dague pour la frapper d'un seul coup bien placé, il lui aurait grandement rendu service. Un seul coup, un seul soupir, et c'en était fini de ce fantôme de vie. Mais la vie n'est pas ainsi. Elle donne puis elle reprend, mais jamais gratuitement. Tout se paye. Et la mélancolie qui l'étreignait bien plus furieusement que le plus passionné des amants ne lui laissait aucun répit. Elle allait, ou elle n'allait pas du tout. Mais ça n'allait que rarement bien. Elle aurait voulu déverser ses émotions et s'en débarrasser, pour ne garder que ses souvenirs (une mise en garde) bien remisés à l'abri d'un tiroir fermé à clé. Elle a écrit sur ducon, sur le pou, mais jamais sur l'immonde, le répugnant. C'était, et ça reste, trop dur, beaucoup trop difficile.

Elle laissa ses doigts courir le long de son dos, machinalement, car elle ne voulait que de la tendresse ce soir (pour toujours ?), sa joue effleurant les mèches masculines, balayées par le vent. Elle ferma les yeux à demi, égarée dans un autre lieu, un autre temps.
Sylvhana

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MessageSujet: Re: Une épine au coeur   Dim 24 Aoû - 23:02

Rien n'est jamais facile.

Pourquoi ces larmes ne se tarissent-elles donc pas ? pourquoi dois-je encore et toujours paraitre faible aux yeux du monde entier ? Encore des questions idiotes, inutiles, et qui ne serviront qu'à me faire plonger. Je n'arrive pas à l'écrire, je n'arrive pas à le tracer... Je n'arrive à rien... Mais toi, tu en as marre de mes "humeurs"... Que veux tu que je te dise ? J'aurais voulu être autre, j'aurais voulu être bien plus forte, j'aurais souhaité, si tu savais, être "normale", comme toutes ces filles qui s'en sortent... On dit pleurer à "chaudes larmes", alors pourquoi les miennes sont-elles glacées ? Quelle terre vais-je bien finir par abreuver sinon celle de ma propre ruine ?

Tu es là... J'en ai conscience... Mais si tu savais à quel point j'ai envie d'envoyer tout bouler pour faire un break et partir, partir loin d'ici et de tout le monde ! Il m'est arrivé de belles choses mais je ne peux pas me défaire de cette angoisse, de cette mélancolie. Elle fait partie de moi et j'ai appris à vivre avec mais elle déborde de moi et te touche. Je ne veux pas ça tout en désirant que tu me comprennes et que tu viennes... Tu ne veux pas plonger, dis tu, mais moi, parfois, je veux encore mourir... Pour m'échapper. Pour oublier, pour tout arrêter, enfin.

Je regrette, je n'y arrive pas.

J'ai mal mais je ne peux pas plus. Qu'attends tu de moi ? Que veux tu que je fasse sortir ? Je voudrais crier mais je suis muette. Je voudrais...

Sylvhana pencha la tête en arrière, consciente de la futilité de la vien de l'inutilité des combats ici bas... Elle racontera cent fois son histoire, parce que cent fois elle en aura besoin... Mais jamais elle ne sera guérie. Alors elle apprendra, elle se perfectionnera pour donner une image un peu moins triste, pour que les gens cessent de lui demander si ça va, ou carrément ce qui ne va pas. Elle gémit de douleur tant son être lui faisait mal. Et ce sont ses larmes à elle qu'elle goûtait présentement... Parce qu'elle voudrait croire en l'éternité de quelque chose, parce qu'elle voudrait croire en l'amour mais la vie lui a dit que rien n'était jamais acquis. Parce qu'elle vit la peur au ventre, la peur d'être abandonnée, sachant qu'elle ne poussera pas un cri si cela devait encore arriver.

Sachant que, si elle devait à nouveau attenter à ses jours, elle choisirait l'isolement le plus complet pour revenir comme si de rien n'était si elle se loupait encore une fois.

Sylvhana

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MessageSujet: Re: Une épine au coeur   Sam 21 Fév - 20:48

Elle balaya tout.

Tout.

Un souffle et ces instants imaginaires disparurent dans le néant de l'éternité comme s'ils n'avaient jamais existé, extorqués du fantasme de ses désirs d'attention, d'affection.

Nul ne peut la comprendre. Elle est trop fragile, trop compliquée, trop exigeante, trop encline à vouloir embrasser la mort.

Ils n'aiment pas les gens à problèmes, ils veulent entendre "Tout va bien" lorsqu'ils saluent de façon rhétorique. Et elle, de manière égoïste et narcissique, elle veut que l'on se penche sur sa douleur, elle veut qu'on la prenne doucement dans les bras pour lui murmurer à l'oreille que tout ira bien. Elle veut être entourée mais de loin, sachant que l'on pense à elle mais pudiquement.

Elle a un grand cri à l'intérieur mais il ne peut sortir comme elle le souhaite, emplissant ses oreilles d'un bourdonnement intolérable, déchirant son cœur de griffes glacées et cruelles. Fouillant ses entrailles aveuglément, gratuitement.

Elle voudrait que ces instants s'étirent dans le temps, jusqu'à ce qu'elle se compose un visage de marbre, un masque d'indifférence. Elle voudrait apprendre à cacher, dissimuler ce qu'elle ressent. On lit en elle comme dans un livre ouvert.

Trop impulsive.

La nuit cache ses larmes. La nuit étouffe ses cris.

Va-t'en.
Gwynhafra

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Une épine au coeur

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