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Histoire d'une fin annoncée
Mar 16 Mar - 17:56 par JustMax
Beaucoup s'en doutent depuis un bon moment.
D'autres se le cachaient pour y croire encore.

On a tenté plusieurs manoeuvre de réanimation?
Massage cardiaque, insufflation, et autre tripotage peu courtois.

Rien n'y a fait.

On s'est fait beaucoup de mal ces derniers temps.
Beaucoup de mal a s'acharner.

Le concept de Munuroe avait un potentiel, mais nous, avions nous vraiment la compétence pour …

Commentaires: 0
La chronique du Dr CPJ - C'estPasJust, chronique informative et politiquement incorrect.
Mar 8 Déc - 21:18 par Dr CPJ
Je repensais à ce que quelqu'un nous a dit en claquant la porte. D'ailleurs, un écho s'est glissé par la fenêtre après son départ en haussant les épaules et en dandinant du cul : Nous sommes fragiles et vacillants comme la flamme d'une bougie, trop instables pour qu'on y consacre son énergie créatrice.
C'est difficile de répondre à un écho. ça vient de loin, c'est aussi franc qu'un âne qui …

Commentaires: 3
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 Juré, un jour, je te parlerai d’elle

Message Auteur
MessageSujet: Juré, un jour, je te parlerai d’elle   Sam 30 Aoû - 17:08

Mes mains ne tremblent plus, elles m’ont lâché il y a longtemps, coupées au couperet, le plus affûté des couteaux de boucherie, du travail d’expert, de la chirurgie de comptoir, mais pardon, je cherche la fosse pour y enfouir ce moment de tristesse.
Un blues à l’âme, un bleu de plus, trouvez moi le pansement pour réparer les dégâts de ce soir ou bien ceux d’hier.
Quels sont-ils ? Sinon le reliquat du passé, le retour de bâton, le revers de la médaille, peu importe, une baffe de plus, celle qui vient de loin, une de plus pour ne pas oublier.
Et ce sera pas la dernière.
La mémoire n’a pas de fuite pour ces relents, elle les retient fiévreusement, elle les cloisonne, les empile dans un tiroir soigneusement enfoui dans un recoin, et quand le moment est venu, quand on ne s’y attend pas, quand on commence à se dire que la vie c’est un chouette truc, c’est la, exactement la, ce moment tout particulier que la mémoire choisie pour dépoussiérer ce tiroir et en sortir un martinet qu’on croyait usé, foutu, bouffé par les années, et que ses lanières de cuir seraient si effilées qu’elles ne blesseraient plus.
Pourtant..
Leurre et disciple de la mauvaise foi.
La mémoire fait mal comme ces lanières de cuir qu’on n’oubliera pas.
Elles claquent sur la cuisse, le ventre, le dos, si on a de la chance, le visage sera épargné.
Cuir sur cuir, ça chauffe et ça ne s’aime pas.

Le petit la, il les a coupées les lanières, au couteau, aux ciseaux, tant de fois qu’il a oublié de savoir compter, mais elles ont repoussé au fond du placard dans lequel elle rangeait le fouet de ses solitudes.
Elle…
Un bourreau, avec son sourire et sa fierté du devoir accompli, cette mondaine des champs et des collines qu’elle a du détester.
Parlez-lui de vos peines, de vos souffrances, elle les gâchera avec son sourire « l’air d’y croire » et vous dira que les siennes sont pires encore, même celles qu’elle s’invente pour se poser en victime et asseoir sa toute puissance de martyr.
Le placard…
On y range les pots de confitures, les chiffons à poussière, le balai sacré saint et pendu accroché à la porte, le martinet et ses lanières qui n’ont rien d’autre à faire que saigner la peau, la chair de sa chair, le sang de son sang.
D’habitude on s’en sert pour dresser les chiens.

Elle est Marie, « Marie couches-toi la » comme elle disait.
« La mouche du coche », « haro sur le bodet »
Prend ta lame et ouvre tes chairs.
La, bien placée sous la langue
Non, ici c’est mieux, placée sur le gras du ventre.

Tu as peur petit ?
Mais non, ce n’est rien, c’est juste la lame d’un couteau et cet affreux chantage de la fin, du grand saut.
Alors saute ! Vas-y saute !
Même pas cap !
Je ne saurais jamais alors..

Non, ton ami s’appellera Damoclès, il balancera sa lame dans le vide au-dessus de ta tête, son chantage ignoble, prête à tomber et fendre ! Fendre le sommet de ton crane, et tu vivras ! Tu iras d’un jour à l’autre et toujours au-dessus de ton crane devenu chauve, tu entendras le souffle de ce balancier déguelasse en lègue, l’héritage de la folie inavouée.
De lames en lames, tel est ton destin.

Je sens encore l’odeur de son rouge à lèvres, ce rouge sang qui sentait pas bon, ce rouge bon marché qui laissait sa trace écœurante sur ma joue, ma joue de petit enfant qui ne voulait pas recevoir cette odeur, pas sur sa joue, pas comme ça.. C’est pas comme ça qu’on aime les enfants !
Comme on essuie une tache sur le coin de la lèvre avec un mouchoir de poche qu’on mouille de salive, cette odeur dégoûtante qui reste sur la peau et donne envie de vomir. C’est le souvenir que son rouge à lèvre à graver dans la mémoire de ma peau.

Je voudrais la haïr, la détester, frapper son visage avec mes poings taillés dans l’age post couche-culotte.
Je voudrais tenir ce couteau et appuyer, juste une fois être celui qui tient le bon coté, celui qui tient le manche, le chantage au creux de la main, fermement serré dans le poing.
Je lui montrerais que la victime n’est pas toujours celle que l’on pense, je lui montrerais que la douleur ne vient pas de la plaie, pas toujours et que la chair cicatrise, le temps se charge de refaire ce qui a été défait et puis, la peau abîmée, on s’en fout, parce que c’est pas ça l’important, c’est pas ça qui dérange la vie, c’est pas ça qui empêche de grandir comme tous les autres et de rire et de sourire avec eux au lieu de se demander pourquoi les gens rient, pourquoi les gens sont heureux d’être ensemble et de partager un simple repas, rien qu’un repas, parce que les miens étaient un champ de bataille, un couteau sur la gorge, une lame sous la langue.

J’ai rêvé l’aimer, j’ai cru dans ce rêve qu’elle était comme les autres, qu’elle prenait l’enfant dans ces bras, qu’elle essuyait ses larmes avec l’amour vrai d’une mère.
Elle aurait bercé son chagrin, et à grands coups de baisés d’amour, elle aurait effacé la douleur sur le genou, et puis ôté un à un, tendrement, chaque grain de sable qui saliraient l’écorchure.
J’ai rêvé qu’elle était la mère que tout le monde a, et que moi, j’aurais jamais.
Celle qui aime et qu’on aime aimer, mais qu’on lui dit pas, parce qu’on est fier, parce qu’on se le dit si souvent que c’est plus la peine, parce qu’on sait pas que ces mots sont si cruels quand on les connaît pas, et je voudrais que tous les enfants ne connaissent jamais la faim de ces mots, la soif de les goûter juste un peu, un tout petit peu, juste une fois, même pour de faux, jouer à faire semblant qu’on se les dit, parce que c’est mieux que rien, c’est mieux que rien..
J’ai rêvé être cet enfant qui répond « oui maman » et qui se détourne en haussant les épaules, rassasié déjà depuis toujours.

Je te regarde, tu hausses encore les épaules et je suis heureux, j’aime t’entendre rouspéter devant ces mots que je ne connaîtrais jamais.
Juré, un jour, je te parlerai d’elle.
Arlequin

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MessageSujet: Re: Juré, un jour, je te parlerai d’elle   Dim 31 Aoû - 17:19

Mais comment.. Comment trouver les mots, comment ne pas sombrer dans une ronde pathétique, comment éviter le piège du mièvre facile, où trouver les mots, les bons mots, ceux qui sonnent justes, ceux qui ne rendent pas triste, ceux qui ne font pas mal, ceux qui te protégeront de ce qui est moche si moche que les gens ne veulent pas voir.
Comment te dire ce qui ne se comprend pas.

Je chercherai ces mots, juré !

Mais avant, avant..
Je dois rassembler mes forces, trouver ce courage d’aller chercher les souvenirs là où je les ai laissés, enterrés à fleur de terre.
Aller rechercher les odeurs de ces souvenirs, leur couleur, les gestes tant de fois revus et corrigés, cette histoire que j’ai réparés mille fois dans mes rêves et mes nuits quand « L’aigle noir » rodait.
Becher les jardins d’Eden, débroussailler sa terre, pays de cocagne, pour en retirer le beau, les fleurs, les buissons ardents, et ôter le masque de ces gens qui croyaient bien faire.

Pour que tu comprennes mes silences qui ne disent rien.

Je te dirais pourquoi j’attends impatient, la prochaine fois que tu tomberas.
Détrompes-toi petit Tom, il n’y a aucun mal, non, juste l’envie de rattraper ta chute, l’envie de prendre ton corps dans mes bras, toi, encore si fragile, et puis relever ton visage en posant le doigt sous ton menton. Juste un prétexte égoïste pour essuyer tes larmes et te raconter que le monde est beau et que tu n’es pas seul, que tu ne le seras jamais, et quand tu seras triste, tu auras toujours cette épaule là, celle où tu couches ton visage avec ou sans sourire, elle t’est réservée et même quand l’age l’aura voûtée, elle sera la, toujours la, petit homme.

Je te dirais pourquoi je sourie en te regardant et que tu t’en étonnes quand tu surprends ce sourire idiot.
Je te dirais pourquoi tes colères sont des bonheurs à déguster, des petites tapes dans le dos pour dire « allez, viens, copain »

Je te dirais pourquoi j’ai eu si souvent ce rhume des foins qui mouillait mes yeux, pourquoi je suis tombé quand tu as marché la première fois, pourquoi tu n’es jamais allé dans cette poussette qu’on avait achetée et pourquoi j’avais mal au dos et le col de chemise froissé de petits doigts.
Je te dirais pourquoi je cachais mes yeux derrière des lunettes noires à chacune de tes rentrées scolaires, à chacune de tes réussites, je te raconterai.
Je te dirais pourquoi j’ai préféré Halloween à la Toussaint, pourquoi j’ai mangé des bonbons avec toi à s’en faire péter le ventre et pourquoi j’ai fait pipi sur le rosier du voisin en te regardant rire et rire encore.
Je te dirais pourquoi je te serrais dans mes bras quand les autres t’auraient grondé, pourquoi je t’ai fait des messes-basses au creux de l’oreille, pourquoi j’ai ri de tes gros mots, de cette énorme bonne femme que tu avais insultée sans méchanceté, pourquoi je t’ai caché derrière la banquette quand on a croisé ces flics, pourquoi je me suis mis en colère chaque fois que quelqu’un s’en est pris à toi, pourquoi j’ai traité ta maîtresse de conne, et cette mère de famille, et ce voisin aussi stupide qu’une mouche sur le carreau.

Je te dirais pourquoi qrand-mère elle a le puzzle pas fini.
Pourquoi je n’ai jamais pu la regarder dans les yeux, pourquoi je n’ai rien ressenti quand elle est partie à l’hôpital, pourquoi j’ai surveillé chacun de ses gestes quand elle te gardait.
Je te dirais pourquoi j’ai pleuré en regardant « la vie est belle » et comme j’ai pesté de ne pas être ce père là.

Juré, un jour je te parlerai d’elle.

J’irai chercher les mots qu’il faut, les mots qui vont bien, je sais qu’ils existent, ça prendra le temps qu’il faut, mais juré, j’irais les trouver pour que tu ne sois jamais triste, parce que les enfants ça doit rire de tout.
J’irai là où on enterre les souvenir, je creuserai la terre avec mes ongles et si je trouve de l’or, alors tant pis !
J’escaladerai la muraille de Chine, je jouerai à saute-mouton dans les Dolomites, j’apprendrai à nager dans le lac Victoria et je crierai ton nom accroché à une liane. J’irai chercher une vision dans le calumet de Crazy Horse et je piquerai le cheval de Custer pour aller écraser mon poing sur la figure de Grant. Et puis, je ferai un détour par Jérusalem pour écrire ce nom, Marie, sur le mur des lamentations, ça lui plaira.
Je grimperai à l’échelle pour aller décrocher la lune et s’ils ne sont pas perchés la haut, je jetterais mon grappin sur la balancelle du dirigeable de « l’île sur le toit du monde » et je ferai le tour de cette foutue planète beaucoup trop ronde pour mon imagination.
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MessageSujet: Re: Juré, un jour, je te parlerai d’elle   Mer 3 Sep - 20:31

J’ai le bout des doigts qui frétille, mais les mots collent au plafond, tout s’embrouille, partagé entre le besoin de te dire, ce besoin viscéral que tu saches et que tu comprennes et puis, cette peur inextricable de la vérité crue qui fait mal.

Je voudrais toujours t’épargner et te protéger, te faire croire que les grands sont forcément des gens biens, après tout, ils ont le savoir, la connaissance de la vie que tu n’as pas, cette sagesse que certains se targuent de posséder et ils trinquent au jus d’orange à leur apprentissage de la vie, avant de s’envoyer en l’air au whisky en avalant la fumée d’un joint par-dessus une ligne de coke.

J’aimerais que tu crois que l’Homme est bon, un altruiste désintéressé, oui, j’aimerais que tu le crois encore un tout petit peu, après.. la chute sera rude, mais je serais là pour te relever et t’expliquer que la vie est ainsi faite de tout, qu’il faut de tout pour faire le monde et que même ce prof idiot qui étale sa science sur un pupitre d’écolier, persuadé d’être rare et plus précieux que ta jeune cervelle, convaincu d’être ce tout puissant que tu regarderas en t’accrochant à l’idée que c’est peut-être vrai, ce prof qui brosse un tableau noir ou vert avec sa craie blanche, je dois te dire qu’il n’est jamais sorti de l’école, que son savoir n’a jamais dépassé le fond de la classe, la place des cancres désignés par lui-mêmes ou ses pères. Il finira sa vie dans cette classe, sûrement dans la même école s’il ne fait pas de vagues.
Il n’aura fait qu’imposer son savoir à d’autres sans conteste, à toi, ou ce garçon qui se mouche en louchant sur la copie du voisin, cette fille qui regarde par la fenêtre en se disant que les garçons doivent être mieux dans la classe d’a coté, mais toi.. toi, tu seras un oiseau libre, beau d’un seul battement d’aile, de cette étincelle vive et superbe que je vois grandir dans tes yeux chaque jour plus brillante, et tu voleras avec tes ailes blanches ou bleues ! Tu choisiras ta couleur petit Tom, et tu iras où l’envie de te pousse, libre ! Libre de tes racines assassines, libre de ce carcan filial qui m’étouffe, libre de voler dans la camisole que je détricote jour après jour.

Laisse moi faire petit Tom, je me charge de réduire en poudre de fée cette armure que les autres tissent en fils de fer barbelés comme un rempart à toute épreuve. Comme ils se trompent, comme leur erreur est grande de perpétuer la tradition familiale.
Mon père était pétainiste et je refuse de porter cette croix !
Je crache sur sa tombe n’en déplaise aux bons airs de famille !
Comme disait Léo, ma fierté se tient dans mon froc !
Je refuse l’héritage de la stupidité qui tue ! Qui assassine pour un nom, un morceau de papier, une signature au bas de la page, un tampon à l’encre rouge sang, une étoile jaune collée sur la poitrine à la place du cœur et pour finir au fond d’un trou !

Prends ta pelle et ton seau petit Tom, et on ira bâtir le plus grand château de paille de la terre et le vent essuiera son souffle sur ses murs, et la paille s’envolera et on soufflera aussi, tous les deux, souffle dans le souffle pour effacer ses murs inutiles, parce que les murs ça sert à rien, c’est juste des façades où les gens cachent leur misère, juste des masques de pauvreté parce que la misère ça dérange et que les gens n’aiment pas être dérangés, parce que le malheur, c’est mieux quand on le voit pas.

Laisse moi faire petit Tom, et j’abattrais tous les murs qui servent à rien.
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MessageSujet: Re: Juré, un jour, je te parlerai d’elle   Mar 28 Avr - 23:54

Il va falloir que je trouve ce courage de te parler et de te raconter. J’ai trop attendu, je sens en toi ce besoin de savoir, de comprendre ce que j’ai tant de mal à te dire.
Je coince, je bute sur les mots, toutes ces émotions qui se bousculent, ces phrases que je ravale par peur de les prononcer, par peur de te faire peur, par peur que tu la détestes toi aussi.
Ne la déteste pas, c’est pas ton combat, il y en aura d’autres, les tiens, et tu gagneras sur ceux qui te diront le contraire.
Pour moi, ce combat est perdu d’avance, les dès sont pipés. Je vais en boitant, comme je peux, comme j’ai appris à le faire, j’évite les gouttes d’eau et si la pluie s’abat trop fort, je sors un parapluie de faux-semblant, un art de faire semblant. Mais aujourd’hui, ça ne marche plus, mon parapluie s’effrite et tu le sens, tu le sais, et je ressens ton besoin de comprendre pourquoi.
Tu as grandi si vite.
Petit Tom.




Je me souviens d’un jour, un matin, un jour comme un autre pour le monde entier, pour moi, c’était une autre histoire, la première fois.
Je me souviens du soleil dehors, du couloir, du matin, d’elle.
Je me souviens des cris
Je me souviens quand elle s’est ruée sur moi
Je me souviens de tout
De ce jour pas comme ceux des autres.
Je peux lire dans le livre de mes souvenirs, pas la peur, pas la douleur. La douleur, je l’ai oublié, pas les coups, pas son visage, pas l’incompréhension.
Elle se rue, elle m’arrache les cheveux, elle frappe sa tête contre le mur.
J’ai pas oublié, j’ai rien oublié
C’est mon premier souvenir.
Avec mes quatre ans, j’ai perdu le reste, ce qui s’est passé avant.
Peut-être que je souriais, après j’ai plus souri, plus jamais.
Je me souviens de mon désarrois, des larmes que je n’ai pas versé, de ces mèches qui tombaient arrachées devant mes yeux secs.
J’ai pas oublié son sourire quand elle m’a conduit à l’école, sa façon à elle d’avoir oublié, rien n’est arrivé, tu as rêvé petit.
Va dans ta chambre, tu affabules.
Je me souviens plus du reste, de cette journée qui s’est arrêtée au tout premiers instants, gravée, encastrée dans ma chair.

Avant, j’ai oublié, je me souviens pas d’avant, il n’y a pas d’avant.
Et puis, il y a eu apres.
Les crises, les coups, les ongles qu’elles enfoncent dans mes bras, et les cris, les menaces, la douleur de ne plus avoir de mère, d’avoir perdu ce que les autres ont, et que moi.. moi, j’ai perdu à quatre ans du matin, un jour comme un autre pour la terre entière.
Apres quatre ans du matin, ce fut les couteaux.
Le chantage au suicide, la peur qu’elle le fasse
Sale gosse, tu veux tuer ta mère !
Je l’ai pas tué
J’aurai du.
Je suis tout cassé à l’intérieur, ça se voit pas, j’ai appris à cacher.

J’ai jamais pleuré.
Je ne sais pas pourquoi, peut-être que je ne voulais pas lui faire ce cadeau trop précieux pour le partager avec elle. Peut-être que je voulais lui faire cet affront de ne pas pleurer devant elle, de ne pas lui donner raison et lui tenir tête, ne pas baisser le regard, ne pas fermer les yeux même si la douleur, elle est dans le cœur, je lui ai jamais donné mes larmes, jamais.
J’ai serré les dents et j’ai pas pleuré, je pleure jamais, ou bien je le cache, je me cache parce que j’ai pas appris à pleurer avec les larmes qu’on console.
A quatre ans du matin, je me suis cassé en deux, et j’ai pas pleuré.

Un couteau sur le ventre
Un couteau sous la gorge
Un couteau sous la langue
C’était le lendemain, tous les lendemains de chacun de mes quatre ans.
Chaque jour, j’ai refait le film à l’envers pour essayer de rejoindre l’avant de mes quatre ans, mais ça marche pas, je bloque sur le matin de mes quatre ans, comme un aiguille coincée dans la pendule.
Le tic tac de mes quatre ans.

C’est impudique de raconter. Ça dérange, je le sais, je m’en fous, c’est ma vie, j’ai gagné ce droit de l’impudeur. Si je veux crier, je crie, si j’ai mal, je hurle, et si je veux pleurer, je me cache.
Pourtant, c’est larmes, je les sens coincées quelque part.
Je peux pas, j’y arrive pas !
Je sais pas pleurer…
On dit que ça fait du bien, que ça soulage quand on a mal au cœur, et moi, j’ai mal au cœur, et j’ai pas appris à pleurer.
Et je me vautre dans l’impudeur, parce que j’ai grandi de travers, parce que je fais rien comme les autres, parce que je sais pas pleurer, alors je pleure pas, et j’écris des mots qui pleurent.
On va encore dire que je ferais mieux de garder ça pour moi, parce que ça se fait pas, mais moi, moi je m’en fous des conventions ! Je me fous de la morale et des pudeurs idiotes !
J’ai pas envie de crever sans rien dire, sans rien écrire, sans ces mots qui pleurent, parce que c’est pas ma faute ! C’est pas faute si on m’a volé le droit de pleurer, et le sourire de mes quatre ans, et tous les sourires de mon enfance.

J’ai rien demandé
Et on m’a tout volé, même les larmes.
Je sais faire que ça, écrire.

J’emmerde la morale approuvée, les règles établies par des gens qui ne savent pas de quoi ils parlent.
Moi, je l’ai jamais aimé.
A quatre ans, un matin, elle est devenue cette inconnue que je regarde toujours sans la voir, sans lui sourire, sans pleurer la peine qu’elle m’a fait.
Transparente
Je ne l’entends même plus
Je me suis bouché les oreilles le jour où j’ai compris que je ne serais jamais rien pour elle, qu’elle ne donnerait rien, les coups, seulement les coups, et les couteaux qu’elle se collait sous la gorge pour me mentir.
Et je l’ai cru.
Et j’ai pas pleuré.

Et l’autre, là, celui qui fait semblant de ne rien voir, qui se bouche les yeux dans le trou d’une autruche. Putain de piaf.
Il fait pénitence tous les jours auprès d’elle.
C’est pas cher payé.
Lui, je l’ai fait pleurer, une fois.
j’ai eu plus mal que lui, mais j’ai pas pleurer.
Je les ai ravalé, comme je le fais toujours.
Coincé, là dedans, quelque part.
Un jour, je te parlerai de lui.

Tu vois petit Tom, j'ai du mal avec tout ça, ma colère est fraiche, pourtant elle vient de loin, de tes racines, de ces pudeurs qu'on aurait du révéler et crier pour que ça s'arrête.
C'est un secret lourd pour tes petites épaules, mais je sais que tu l'as toujours su sans pouvoir y mettre des mots.
Pleure petit Tom
Pleure mon fils.
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Juré, un jour, je te parlerai d’elle

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