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Histoire d'une fin annoncée
Mar 16 Mar - 17:56 par JustMax
Beaucoup s'en doutent depuis un bon moment.
D'autres se le cachaient pour y croire encore.

On a tenté plusieurs manoeuvre de réanimation?
Massage cardiaque, insufflation, et autre tripotage peu courtois.

Rien n'y a fait.

On s'est fait beaucoup de mal ces derniers temps.
Beaucoup de mal a s'acharner.

Le concept de Munuroe avait un potentiel, mais nous, avions nous vraiment la compétence pour …

Commentaires: 0
La chronique du Dr CPJ - C'estPasJust, chronique informative et politiquement incorrect.
Mar 8 Déc - 21:18 par Dr CPJ
Je repensais à ce que quelqu'un nous a dit en claquant la porte. D'ailleurs, un écho s'est glissé par la fenêtre après son départ en haussant les épaules et en dandinant du cul : Nous sommes fragiles et vacillants comme la flamme d'une bougie, trop instables pour qu'on y consacre son énergie créatrice.
C'est difficile de répondre à un écho. ça vient de loin, c'est aussi franc qu'un âne qui …

Commentaires: 3
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 L'eau et le feu / Chapitre 2 : La traque

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Message Auteur
MessageSujet: Re: L'eau et le feu / Chapitre 2 : La traque   Mer 25 Fév - 23:24

Trop de clarté.
Ca me heurte, tout de suite.
Je baisse le nez.

Peut-être que j'ai du mal à regarder les uatres au-delà du bord du chapeau.
Oui...
Tête nue, visage exposé par les cheveux tirés, et la lumière du matin, si crue... Son regard est trop acéré.
Je passe devant lui, vite. Je regrette la cape que j'ai laissée dans ma chambre et la tunique ajustée... C'était facile, toute seule, de me dire que le bandage n'était plus ncéssaire, et de fermer crânement mon ceinturon autour de ma taille. Ici... Trop de clarté.

Il prononce mon nom un frisson violent cherche à me secouer, je le maîtrise. Pas l'habitude. Affolement d'une seconde, envie de fuir, irraisonnée, incontrôlable.
La commode ? Oui, là, bien, j'y vais. Je dépose le plateau, m'éloigne un peu.
Rêvé de moi... Et tout mon sang me descend dans les doigts de pied. Mon rêve à moi... Non.

dans mon rêve votre voix disait mon nom, exactement comme ça
dans mon rêve je tremblais de vous toucher
peur
envie
trouble
dans mon rêve votre souffle brûlant venait balayer mon visage et je le cherchais
et puis

Malaise bref.
Le fauteuil est proche, et par chance, plus ou moins dans le coin le plus sombre de la pièce. Infiniment trop éclairé, encore.

Reprends-toi.
Ce sont juste des spectres, des restes de souvenir.
C'est juste ce travail bizarre et dangereux.
C'est juste cet homme qui veut en faire partie, si seulement il était stupide et incapable, si seulement il était grossier.
Tu n'as pas l'habitude, tu ne t'approches jamais d'eux, hommes ou femmes, jamais.
Confiance en personne.
Tous des dangers.
Même là où tu as cru trouver la liberté au milieu de la sécurité des autres, mais les autres ne sont que des chaînes, toujours.
Seule, je préfère.
Les amis sont des pièges à loup.
Les compagnons de route, de futures déceptions, des amertumes en devenir.
Seule, c'est bien mieux.
...

Reprends-toi, respire, Djaya, MERDE !
C'est un client.
Un commanditaire.
...
Nom de dieu j'ai besoin de sommeil, moi.

Je prends le gobelet, sa chaleur me réconforte.
J'arrive à lui présenter un visage serein, je crois, j'espère.
Je goûte l'infusion, corsée, comme je l'aime, et ce parfum qui donne envie de bouger, de courir, de vaincre.

Je l'écoute, et étrangement, la taquinerie masquée me fait sourire.
Il croque dans son fruit, et je lui réponds de derrière le gobelet fumant que je hume avec délices...


Exactement...
Avant ce soir vous me maudirez et moi j'apprendrai des nouveaux jurons dans plein de langues exotiques, rien qu'à vous écouter...


Je sirote la tisane, le laisse la chaleur descendre dans mon ventre, et se répandre tout au long de moi... Ca rend du courage, de la sérénité, ça apaise les frémissements, l'anxiété, les sourdes peurs qui refusent même d'apparaître à la surface de la conscience...

Je souris derrière mon gobelet.

D'abord, shopping.
Ensuite, je vous emmène au terrain d'exercice...
Et là... autant de fois qu'il le faudra pour être certains que rien ne nous échappe.


Je baisse le gobelet, la mine plus grave soudain.

Les Cartels sont puissants, Six.
Ils sont bien organisés.
Nous devons être rapides, silencieux, plus discrets que des ombres.
Au mieux, il faudra avoir quitté la ville avant qu'ils ne se rendent compte du larcin, car ils ont des yeux partout, et ils sauront.
Suint, si c'est bien lui qui vous cherchait, se chargera de les mettre en garde...


J'hésite un moment.

Toujours décidé ?
Vous pouvez encore renoncer.
Racheter le miroir.
...

C'est vraiment très risqué.
Djaya

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MessageSujet: Re: L'eau et le feu / Chapitre 2 : La traque   Jeu 26 Fév - 14:29

Comme elle a choisi le fauteuil (dans l'ombre... Ca doit être atavique..) je m'installe sur le lit.
Les mains en coupe autour du gobelet, je hume l'odeur piquante du breuvage tout en l'écoutant.
Et en la regardant.
Elle a les traits tirés. Pas assez de sommeil... Des cauchemars, peut être, elle aussi.
Et je préfère cette tunique à l'espèce de sac informe qui la recouvrait hier.

Une gorgée, chaude, qui agace les papilles et vous rend soudain plus léger, l'esprit plus acéré.

Je vais dépendre d'elle, cette nuit là.
Etrange idée qui me vient soudain. Anxiété et confiance mêlées. Excitation, peur, joie aussi. D'être bien tombé. De l'avoir trouvée.

Je lance les idées comme elles me viennent, pour lui donner le maximum de renseignements. C'est du genre à vouloir tout contrôler... Ce qui est normal dans ses activités... Peut être moins normal dans sa vie privée...
Mais, bref, sa vie privée ne m'intéresse pas.
Ou, du moins, ne me concerne pas.
Tout en parlant, je tartine un pain encore chaud de fromage.

Pour le tir, on verra ça tout à l'heure... Si la cible est proche, ça devrait aller... Il va juste falloir que je m'entraine à tirer un carreau enroulé de feutre.

Tout ce qui est grimpette, escalade... Pas de problème.


Je relève les yeux. Cherche son regard qui tente encore de se dérober. Lui tend une tartine.
Ceci dit sans aucune vantardise, vous savez. Je suis...euh... marin, comme vous vous en doutez et lorsque qu'on passe une grande partie de sa vie dans les gréements, même par forte houle... On acquiert un certain sens de l'équilibre, par la force des choses...
Par contre, voiles et murailles, ce n'est pas la même chose... Je serai sans doute incapable, sans vous, de trouver le bon chemin d'accès....

Voilà, exposés de façon concise, mes forces et mes faiblesses. Qu'elle gère en conséquence.

Ce miroir...
Je n'ai pas vraiment envie d'en parler. Mais je reste sur ma ligne de conduite, quoi qu'elle en pense : la confiance entre "associés" est primordiale et cette confiance ne peut s'établir que sur la compréhension.
Je me lève, attrape le pichet, la ressert. Gestes nombreux pour masquer mes hésitation, pour, à mon tour, me dérober à son regard.
C'est un objet...important, pour moi... C'est difficile à expliquer mais... de me l'être fait voler, j'ai l'impression... d'avoir commis une faute.. D'être coupable de ne pas l'avoir préservé... C'est très symbolique tout ça... Bref... Alors... le racheter...Même si c'était possible... ca serait comme...tricher ? me défiler... Je vois sa récupération comme..une épreuve...pour me racheter...
Je suis conscient des risques. Ca me fait peur aussi. Et ça m'excite, je dois l'avouer...

Mais....
Si vous estimez que c'est trop dangereux.
Pour vous.
je comprendrais que...
Après tout, moi, je ne resterai pas à Lonedonne, quelque soit l'issue de l'opération...
Mais vous...
Comme vous l'avez dit, je vous ai déjà suffisamment mis en difficulté donc...

Voilà... J'attends sa remarque, tête baissée sur mon gobelet.
J'ai peur, d'un coup...
Qu'elle renonce.
Six

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MessageSujet: Re: L'eau et le feu / Chapitre 2 : La traque   Ven 27 Fév - 13:03

Je l'écoute avec attention, je fixe ses traits pour décider quelle validité je peux accorder à ses propos. Et il me surprend. Pas une once de d'exagération. Je croirais même qu'il aurait tendance à se sous-estimer. Je ne sais pas. Quelque chose dans les hésitations et dans l'espèce de gêne qu'il met dans son discours.

Je prends note mentalement de tout ce qu'il m'apporte comme information. Equilibre et agilité, pas de vertige, et probablement la capacité à réagir vite et efficacement, sans traîner en questionnement inutiles. J'ai peu d'expérience de la mer, mais pour ce que j'en sais, elle ne fait pas de cadeaux. Bien.

Je prends le pain sans trop y prendre garde, accepte de la tisane, sans relâcher mon attention. La brusque tension dans sa voix un peu altérée... Les pauses, nombreuses, le rythme heurté de ses paroles... Mes yeux s'étrécissent légèrement comme j'essaie de saisir les mots entre les mots. Mais je n'y parviens pas. Il est confus, troublé par une forte émotion que je ne peux définir. Mais après tout, je n'ai pas à savoir. Il tient à cet objet. Et il tient à le reprendre comme il lui a été pris. C'est tout ce qui importe.

Son aveu me fait sourire, légèrement. La peur, l'excitation. Il y a eu ce reflet dans son regard détourné, fugitif, comme un peu de métal caché, le regard du chasseur, une fraction de seconde. Et en cette fraction de seconde j'ai cru sentir que nous étions pareils.

Il achève sur une volée de doutes et d'interrogations inachevées, qui trahissent son trouble... Je prends une seconde pour réfléchir, la main fermée autour de la chaleur du gobelet. Non pas que je cherche la réponse, je la connais. Je cherche juste les bons mots.


C'est dangereux, oui.
Ca peut prêter à conséquences, aussi.
Mais si les risques me paraissaient inacceptables, je ne serais pas ici...


Je relève les yeux, mais les siens sont baissés.

Peu de gens connaissent mon visage et savent ce que je suis. Si nous arrivons à être suffisamment discrets, il me suffira de rester cachée. Voire de quitter la ville quelques temps. Ce ne serait pas la première fois...

Et peut-être pourrais-je enfin m'enfuir de ce cloaque empuanti... définitivement.

... et j'avoue que ces "vacances forcées" ne sont jamais pour me déplaire...
Juste le temps que les recherches tournent court.
A propos, si vous avez des affaires à régler ou des gens à voir, faites-le aujourd'hui car demain vous serez loin d'ici...


Et toi, Djaya, où seras-tu ?...

Je me lève, dépose mon gobelet vide sur le plateau. J'ai grignoté la moitié du pain, estomac noué comme souvent le matin.


Bien.
Quand vous voulez messire Six.
L'armurier n'ouvre pas ses portes si tôt aux clients ordinaires, mais si vous avez de l'or à faire sonner, il fera exception...


Quelques minutes plus tard, je suis à nouveau cachée dans les longs plis de ma cape grise, sous mon vaste feutre au bord baissé.
Les brumes du matin s'effarouchent à nos chevilles comme je le guide par les ruelles vers l'échoppe de certain vieux nain aveugle... Un homme précieux, autant par son talent que par son handicap...
Djaya

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MessageSujet: Re: L'eau et le feu / Chapitre 2 : La traque   Sam 28 Fév - 17:52

Sans un mot, je la suis, quelques pas derrière elle, tenant sans peine son rythme rapide. Elle marche silencieusement, jetant par dessous son chapeau des coups d'œil méfiants sur les alentours.

Nous traversons le quartier, sans nous occuper des mendiants, bateleurs et autres camelots.

Nous finissons par arriver dans une ruelle sombre, au sol boueux, encadrée de maisons de torchis aux murs affaissés et noircis. Au milieu de cette ruelle, à bâbord, une enseigne au dessin grossier représentant une épée et un écu peints en écarlate.

J'y entre en premier, la voleuse me suit après un regard circulaire sur la rue.

La boutique est sombre, très sombre, tout juste éclairée par quelques lumignons posés ici ou là, apparemment au hasard.
Derrière le comptoir, un vieux nain se tourne vers nous.

Maitre Armurier Bonjour...

C'est Djaya qui, dans mon dos, s'est adressé au nain. Lorsqu'il lève la tête, je remarque ses yeux laiteux. Un aveugle... Elle ne laisse rien au hasard, décidément... C'est rassurant...Et un peu terrifiant, tant de maitrise... Jamais elle ne se relache ? ne se lâche ?

Ah... c'est vous.... Bien le bonjour... Messires...
Un sourire éclaire la face ridée encadrée d'une auréole de cheveux blancs.
Je crois distinguer comme un léger amusement dans le "messire"...
Je prend la parole, par politesse, même si je suis sûr qu'il a détecté ma présence.

Maestro, merci de votre accueil...
Mon... ami... m'a conseillé chaudement votre échoppe, faisant grande louange de votre talent.
J'aurais besoin...

J'hésite. un regard vers Djaya, qui me fait signe de continuer sas méfiance.

... d'une arbalète. Légèreté et faible encombrement au profit de la puissance... Arc en bois si possible, fût assez court...
Je réflechis.... Essayant d'imaginer l'outil idéal...
Puissance de... 60 livres ? 75 ?... Facilement transportable, attachée dans le dos, discrète...

Ma science des arbalètes s'arrete ici.
Je lance un regard d'excuse à la perfectionniste en haussant les épaules.

Je pense avoir un modèle qui devrait vous agréer...
Six

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MessageSujet: Re: L'eau et le feu / Chapitre 2 : La traque   Sam 28 Fév - 20:48

Je me tiens coite pendant qu'il négocie le prix de l'arbalète avec l'armurier. Je l'observe. clair, précis, concis. Pas une indication inutile. Le vieux nain lui en propose trois, et son choix se porte sur celle qui pourtant paie le moins de mine. Je surprends le hochement de tête appréciateur du nain. Un bon choix.

Le marchandage est opiniâtre, mais c'est quasi rituel ici, et je constate que Six s'y entend à ce que chacun soit satisfait de la transaction. L'armurier empoche ses biftons avec un petit sourire qu'il cache dans sa moustache fournie, et Six empoigne l'arme qu'il fait disparaître sous son manteau...


Merci à vous maître, et à bientôt...

Il hoche la tête en retour, il sait qu'il m'entendra à nouveau passer le seuil de son échoppe... En sortant je détaille l'allure de mon compagnon d'un oeil critique. Oui, évidemment on la voit, l'arbalète, mais pas du premier coup d'oeil. Et seulement d'un côté.

Alors que je l'entraîne vers notre terrain d'exercices, je lui retourne un regard par-dessous le chapeau.


Bon choix...

Mais les rues de LoneDonne ne sont pas le lieu idéal pour commencer à s'entre-congratuler. Nous avons du boulot.
Je l'emmène vers un quartier pouilleux, perdu derrière des entrepôts désertés. Les maisons aveugles nous scrutent néanmoins de leurs fenêtres cassées ou clouées de planches, et nous soufflent leur haleine de bois pourri et de crotte de chat par les portes pendantes.

Je me glisse dans l'une d'elle, la traverse rapidement, sors dans la courette derrière. Un vieux mur de clôture, un bond, une autre courette, une autre porte. Escaliers, grenier, toit. Autre toit. Une ruelle tellement étroite qu'un bond suffit à la franchir. Corniche, gouttière, balcon, porte-fenêtre brisée. Escaliers à nouveau. Un dernier couloir. Et nous y sommes.

Pendant tout le trajet j'ai jeté de fréquents coups d'oeil derrière moi. Prête à lui tendre une main si nécessaire. Mais il n'en a pas eu besoin. Et effectivement, l'arbalète l'entrave peu. A peine a-t-il marqué une hésitation devant la corniche, sans doute doutant qu'elle résiste à son poids. Je n'ai rien dit. Je l'ai laissé décider par lui-même, et souri quand il a pris pieds sur le balcon près de moi.

Je me déleste de mon sac dans lequel j'ai bourré mon feutre, et dégrafe la cape. Un vieux banc envahi de mousse reçoit l'un et l'autre.


Voilà, messire.
Votre champ de tir.


Un grand jardin à l'abandon, verdoyant de tous ses liserons luxuriants et de ses arbustes redevenus sauvages. L'ombre bleutée des myosotis floute le pied d'un grand hêtre pourpre. De hauts murs s'élèvent tout autour, à peine aperçoit-on une ou deux fenêtres clouées par-dessus les briques revêtues de lierre. La terrasse aux dalles brisées où nous nous tenons se poursuit par une grande pelouse redevenue prairie. Et là, au fond, la cible. Un grand panneau de bois épais, que j'ai recouvert de trois ou quatre vieilles couvertures pour amortir les bruits. Plusieurs cercles concentriques peints, abîmés par les mille coups de dague que j'y ai donnés quand je m'exerçais au lancer.

Je farfouille dans le sac et en sort une petite pièce de métal. C'est un chenet de fonte, orné au sommet d'un anneau large comme ma main.


Et voici votre cible.

Je traverse la pelouse, pose l'objet dans l'herbe. L'ancien bain pour oiseaux que je traîne devant la cible portait en son temps une statuette depuis longtemps disparue, laissant juste le trou où elle était auparavant plantée. C'est mon chenet que j'y plante.

Je reviens vers Six, frottant mes mains sales. Je vais les rincer dans le baril à eau de pluie.


Depuis le bord des dalles vous serez à bonne distance. La cible est légèrement plus petite que celle que vous aurez à toucher. Vous pouvez attaquer tout de suite, moi je vais faire un peu de couture sur vos carreaux...
...sans vouloir vous commander bien entendu...


Je sors du sac une pièce de feutrine, une petite bourse de cuir, et je vais m'installer en tailleur au bord de la terrasse, au soleil, avec une dizaine de carreaux. Sans attendre, je me mets à l'ouvrage. Etait-ce de la malice dans ce regard en coin, quand je lui suis passée devant ? Décidément il faut que je me surveille...
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MessageSujet: Re: L'eau et le feu / Chapitre 2 : La traque   Dim 1 Mar - 14:34

Pourquoi ai-je cette si désagréable impression d'être constamment jugé, jaugé, pesé, sous pesé...
Évalué pour l'achat de l'arme
Évalué pour cacher correctement l'arme
Évalué dans le parcours d'obstacles
Et bientôt évalué dans mon adresse au tir.

Pour la première épreuve, j'ai eu droit à un laconique "bon choix". Ce qui peut s'assimiler à une explosion de joie et d'enthousiasme chez elle je suppose.

Pour la seconde, j'ai cru déceler un sourire sous le chapeau. Un sentiment de triomphe m'a submergé qui a brusquement laissé la place à un malaise un peu vague... Comme une sale impression d'être une marchandise dont on cherche à chiffrer la valeur.

Dans ce jardin à l'abandon, elle a disposé la cible.
décidément, elle est mieux sans cape...
Bref.
Ça va pas être facile...

Et si je n'y arrivais pas ?
Que lirais-je dans regard ? Déception ? Mépris ? L'ancienne froide indifférence ? Je suppose qu'elle me lancer un hautain "Tant pis, Messire, je vais m'arranger autrement..."
Et pourquoi son opinion me tient tant à cœur ? Pourquoi cette légère, mais persistante envie de ne pas la décevoir ? Voire même de l'impressionner ? Juste pour voir si elle est impressionnable ? Si je peux casser cette cuirasse flegmatique ?
Commence pas à te monter la tête, Six. Cette nuit, elle prendra ton argent d'un geste indifférent et t'expédiera en deux temps trois mouvements hors de la ville. Et hors de sa vie.

Un coup d'œil à la dérobée vers elle tandis que je me positionne. Je croise son regard. Détournement simultané de tête, masque d'indifférence qu'on s'efforce en même temps de plaquer sur nos traits...
Elle a raison... Je ne suis qu'un crétin.

Je place le carreau, bande l'arc. C'est une petite arbalète, peu puissante, sans cranequin.
Je tend le bras. Elle est légère, je peux la tenir d'une main, bras tendu. Ca raccourcit la distance.

J'ai plus l'habitude de tirer en mouvement sur une cible large (genre poitrail de Taurens) qu'immobile sur une cible minuscule. Il va falloir que je m'adapte.
Inspiration.
Bloquer la respiration.
Faire abstraction de l'environnement.
De son regard.
Presser la détente.
...
20 cm....
C'est nul...
Je ne laisse rien paraitre. Je ne la regarde pas. Surtout pas.
J'enclenche un autre carreau.
Trop à gauche...
Concentre toi.
Ne t'occupe pas d'elle.
Tire.
...
Merde...
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MessageSujet: Re: L'eau et le feu / Chapitre 2 : La traque   Dim 1 Mar - 22:55

Je ne regarde pas. Du moins je m'y efforce.
Maintenant c'est pas la peine, une nouvelle arme, une cible bizarre, un environnement bizarre, on va pas y ajouter un public, non plus. Surtout qu'à son air il trouverait sûrement que le public est hostile, même s'il n'est que silencieux. Il va de toute façon pas y arriver tout de suite, ou alors c'est un virtuose de l'arbalète.

Effectivement les coups succèdent aux coups et je l'entends jurer entre ses dents. Je lève furtivement le nez quand il va récupérer ses carreaux dans la planche du fond. Ouais... tendu. Je le vois presque serrer les fesses.

Bon, moi j'en suis à cinq carreaux emballés en moins d'une heure. Il faut que j'en fasse environ cinq de plus, et puis qu'on teste avec la corde. Et ça aussi ça va tout changer... Je replonge le nez sur ma couture avant qu'il se retourne. Au moment où il revient, le visage fermé, je casse un fil avec les dents. C'est un moment qui en vaut un autre.


Il commence à faire faim, non ?

Il doit être un truc genre dix ou onze heure. Et c'est vrai que j'ai faim en plus, avec ma traditionnelle impasse sur le petit-déjeuner... Mais c'est pas la vraie raison.

Je vais aller nous chercher un petit quelque chose pour casser la croûte. Je n'en ai pas pour longtemps...

Sans attendre, sur un sourire discret, je récupère mon sac, attache la cape sous mon cou.

Volaille rôtie, ça vous va ?
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MessageSujet: Re: L'eau et le feu / Chapitre 2 : La traque   Lun 2 Mar - 17:08

Ce sera parfait.

Je la regarde s'éloigner avec un mélange de soulagement et de déception. Soulagement parce que sa présence ne m'aidait pas, faut l'avouer. Et déception parce que...
Parce que.

Depuis deux heures, je m'échine, sans jamais avoir réussi.
Mais mon bras s'habitue au poids. Je commence à mieux sentir l'arme.
Et, maintenant qu'elle n'est plus là, je prends conscience de mes imperfections avec plus de lucidité. Ou, plutôt, j'accepte de les voir.

Ce léger mouvement du bras vers la gauche juste après avoir appuyé sur la gâchette.
Ma manière de trop bloquer mes abdos lorsque je tire, ce qui me rend raide et m'empêche de suivre le recul de l'arme.
En posant mon poignet sur ma main gauche, j'assure une meilleure assise.

Et d'un seul coup, c'est comme si ces deux heures d'échec servaient enfin.
Une première réussite, enfin.
Et elle n'est même pas là pour le voir....
Une série d'échecs, encore, mais à chaque fois, j'analyse les causes et je rectifie.
Encore une fois, dans le mille.
Et encore, deux fois de suite.
Le temps de rectifier légèrement la posture.
Maintenant, je ressens l'arme.
Je vise sans réfléchir, en faisant le vide en moi. Je sais dès que j'ai pressé la détente si j'ai réussi, avant même que le carreau ne se fiche au milieu de l'anneau.
5 séries sans échec.
10 à la suite.
Bien sûr, après, il va falloir gérer la feutrine. puis la corde. Mais je sais que les ajustements se feront facilement.

Je l'ai entendu arriver mais je fais mine de rien.
Le temps qu'elle rejoigne le banc, j'ai placé deux carreaux dans la cible.
Voilà que je fanfaronne maintenant... Tsss..

Je me retourne vers elle, la mine réjouie.
Une petite pause serait la bienvenue.
Six

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MessageSujet: Re: L'eau et le feu / Chapitre 2 : La traque   Lun 9 Mar - 23:49

Je l'observais depuis une corniche voisine, depuis déjà une dizaine de minutes. Immobile et en silence. Je savais que ma présence le gênait... qu'il suffisait que je m'en aille pour qu'il soit seul avec son arme, avec sa cible. Mais malgré tout, je ne pensais pas qu'il y arriverait si vite.

Je repense aux longues heures, aux journées entières à m'échiner dans ce vieux jardin avec mes dagues, jurant, pestant, grommelant, voire même hurlant de frustration à chaque échec de plus. Lui... Deux heures ? Un peu plus ? Et encore. Je me doutais qu'il n'avait pas menti, mais je ne m'attendais pas à autant d'aisance, et aussi rapidement...

Je parviens dans le couloir avec mon fardeau odorant. Il se tourne vers moi en m'entendant, il sourit. La lumière du jour le dessine contre la pénombre de la maison, son visage est indistinct, juste ce sourire et l'éclat de fierté dans ses yeux...

J'émerge à la lumière, souriante également, j'examine la cible qui porte deux carreaux presque l'un sur l'autre, je siffle entre mes dents.


Impressionnant...
En fin de compte c'est moi qui vais vous recruter, je pense.


Je largue la longue cape une fois de plus, elle me tient trop chaud cette saleté. La journée est magnifique. Et ce jardin est une enclave de paix dans la sordide frénésie de la ville... LoneDonne pue quand le soleil brille... Mais le chèvrefeuille et le gros lilas aux lourdes grappes blanches repoussent sans effort ces remugles et les gardent au loin.

J'emmène mon sac sous le hêtre pourpre, le trèfle y est épais et moelleux, il a accueilli nombre de mes siestes, et nulle part je n'y ai dormi d'un sommeil plus paisible... Je m'y laisse tomber en tailleur, avec un petit soupir d'aise. Je sors du sac un flacon de grès bouchonné, et le poste devant les pieds de Six.


Du Gris des coteaux d'Inwoude. Bien frais.
Vous nous l'ouvrez ?
Ah... Une seconde.


Je fouille dans une pochette à ma ceinture, et en sors un couteau pliant à manche de corne.

Voilà !
Bon, j'ai trouvé du poussin rôti au miel... Pain aux lardons, aux noix... Fruits... Ah, et du fromage, si il vous reste un creux.


J'ai extirpé la volaille emballée dans une serviette, encore chaude. Un poussin de gallinax. Sachant que l'adulte vous nourrit une famille d'orcs pendant deux jours, à mon avis, on ne viendra pas à bout du petit... Mais j'ai craqué. C'est délicieux. Surtout au miel.

Une autre serviette étendue reçoit le pain et le reste des victuailles, et enfin, deux gobelet de métal viennent compléter le tableau.
Je relève le nez vers le second convive de ce petit festin.


Ca ira ? J'ai hésité sur des tomates mais elles avaient mauvaise mine...
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MessageSujet: Re: L'eau et le feu / Chapitre 2 : La traque   Mer 11 Mar - 21:30

La revoir, qui plus est admirative ET souriante me met de bonne humeur. Je devine que ça ne doit pas être un état habituel chez elle. Mais je m'abstiens de toute remarque.
Quoique...
Se recruter mutuellement? N'est-ce pas ce qu'on appelle une association ?
Le genre de remarque qui va amuser cette individualiste forcenée.

Je l'écoute faire la description de son panier de pic nic. Eh bêh, elle m'a gâté... Je me demande à quoi est dû ce brusque changement de faveur ... Mais Je ne pose pas la question, quoique l'interogation doit se lire dans mes yeux.

Un festin de roi.... Je ne sais pas si je mérite un tel honneur... Mais je vous remercie, vraiment.

je débouche calmement la bouteille et remplis les gobelets avant de m'agenouiller sur l'herbe, en face d'elle.

Je profite de l'instant au maximum. D'ici peu, l'entrainement reprendra, puis l'attente, l'anxiété, la nervosité, l'adrénaline enfin pendant la récupération du miroir. Peut être le seul moment de paix, de calme avec elle avant la fin, avant qu'on ne se quitte. Alors je ne gâcherai rien.

J'hésite... Pain ? fruit ? Ou j'attaque directement le poussin ?
Je me rends compte brusquement que j'ai faim.
Quatre coups de couteau pour séparer les cuisses et les ailes, deux autres pour arracher les blancs.
Je la regarde franchement.
Aile ? cuisse ? Blanc ?
Je suis sûr qu'elle va choisir une cuisse....
Six

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MessageSujet: Re: L'eau et le feu / Chapitre 2 : La traque   Dim 15 Mar - 16:17

Je le regarde s'attaquer à la volaille avec des gestes de connaisseur. Pendant qu'il s'occupe du bestiau je sors mon propre couteau et détaille quelques grosses tranches dans chacun des deux pains. A sa proposition je m'empare d'une cuisse à la peau bien rôtie, piquetée d'herbes, et d'un morceau de pain aux noix.

Merci.

Et sans plus de cérémonies, j'attaque.
J'avais salement les crocs... Rien dans l'estomac depuis la veille en fin de matinée, ça commençait à tirailler un peu... Les papilles qui s'affolent, je dois me forcer pour ne pas dévorer comme une louve. Mais j'arrive pas à retenir le petit grognement de délices...

Quelques instants dédiés à la sainte bouffe... Et puis je m'autorise un soupir d'aise et un brin de laisser-aller contre le tronc de l'arbre. Gorgée de vin. Juste assez frais encore. Le pied.


Ca devrait être comme ça tout le temps...

Et puis je me tais parce que c'est bizarre de dire ça.
Même si c'est vrai.
Du temps, j'en prends, j'en ai déjà pris plus d'une fois, au pied de cet arbre, le ciel et les oiseaux et le parfum des arbustes odorants, un repas savoureux et un bon vin, le calme...
Léger froncement de sourcil.
Ce sont des moments que je n'ai jamais partagés avec personne.
C'est la première fois.
Et au lieu d'en ternir le goût...
...
C'est bizarre.

Mange Djaya.
Ca vaut mieux que de te farcir la tête avec des conneries.

Je désigne la cible du bout de mon pilon à moitié grignoté, avec un petit rire.


Bravo pour la rapidité en tout cas...
J'en ai passé des journées à essayer de toucher ce truc avec mes dagues...


Pourquoi est-ce que je lui dis ça ?
Mange, Djaya.
Tu en dis trop, là.
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MessageSujet: Re: L'eau et le feu / Chapitre 2 : La traque   Mar 17 Mar - 13:12

Mais vous avez fini par y arriver, non ?
Vous devinant...


C'est un compliment là ?
Ya un truc dans la volaille ou quoi ?
Mais je ne peux m'empêcher de lui retourner :

L'arbalète est quand même plus facile. Il y a un appui, l'engin lui même. Alors qu'une dague...

Ses traits sont plus détendus, son regard moins dur. Elle est plus mignonne comme ça.

Je termine rapidement ma part de gallinax et de pain. Pas la peine de me goinfrer, j'ai encore du boulot. Et pas le genre de travail qui s'accommode de somnolence..

Je me relève, m'étire.

Essayons maintenant avec feutrine et corde....

J'attrape l'arme, glisse une poignée de carreaux dans ma ceinture, me dirige vers ma zone de tir, reconnaissable à l'herbe froissée.

Un regard alentours avant de tendre le bras.

Ici... C'est votre jardin secret ?
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MessageSujet: Re: L'eau et le feu / Chapitre 2 : La traque   Mar 17 Mar - 21:09

Je le savais que j'en disais trop.
Il était question qu'il se détende suffisamment pour arriver à maîtriser l'arbalète, mais à quoi ça rimait d'aller lui faire des confidences, crétine ! Qu'est-ce qu'il en a à foutre que tu aies passé ou non du temps à jouer à la marelle, à chercher des trèfles à quatre feuilles ou à lancer des couteaux ici ou en plein parvis de la cathédrale ! Au point qu'il se sente obligé de te rassurer sur tes performances ! Franchement, tu cafouilles.

Je m'applique à mâcher ma volaille et plonge ensuite le nez dans une poire, pour dire d'avoir une bonne excuse pour me taire. Heureusement il semble se satisfaire de mon silence, et assez rapidement, il se lève et se remet à l'ouvrage. D'ailleurs il va falloir que je songe à faire pareil.

J'en suis à me lever à mon tour quand il pose sa question, l'air de rien. Je lui tournais le dos. C'est une chance. Parce que ça me coupe le souffle et me fait grimacer.

"... encore cachée dans ton jardin secret ?..."

La voix douce de maman, si musicale. Je vois presque son sourire, lumineux, s'encadrer entre les branches fleuries du buisson creux dont j'avais fait ma cachette. Et je me souviens comme elle me paraissait grande et belle, à moi si petite encore, et je riais et je lui sautais au cou. Son visage de la fin, décharné, creusé... Je l'ai effacé de ma mémoire.

Mais j'aurais voulu effacer aussi la voix de l'oncle. Son rire gras.
Il donnait une toute autre signification à ces mots.

"... et vivement qu'il y ait de l'herbe dans ton jardin secret, gamine, ça vaudra cher..."
"... oublie pas de faire un peu de jardinage, t'auras de la visite ce soir, et j'te défends de faire la malade cette fois-ci..."

Nausée.

Je m'attarde à envelopper les reliefs du repas, le temps que ça passe.

Quand je me retourne, je sais que j'ai enfermé ça, enterré bien profond. Plus rien sur mon visage. Nettoyé.

Et je lui réponds.


Non.
C'est juste un jardin.


Assise sur les vieilles dalles je me remets à envelopper les carreaux de feutre. Calmement. Méthodiquement. Chaque point me vide un peu plus. Chaque seconde.

Nous avons du travail.
C'est la seule chose qui compte.
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MessageSujet: Re: L'eau et le feu / Chapitre 2 : La traque   

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L'eau et le feu / Chapitre 2 : La traque

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